La peinture à l'encaustique nous provient de la Grèce antique. L'expression même “encaustique” dérive du mot Enkaustikos qui désigne l'action d'intégrer grâce à la chaleur. À l'époque ce médium pictural était fait à base de cire d'abeille, et c'est la technique qu'utilise encore aujourd'hui Alexandre Masino. Le procédé lui-même est très simple mais demeure difficile à maîtriser : des pigments secs sont ajoutés à de la cire d'abeille fondue et à de la résine afin de les appliquer sur une surface rigide. Un support flexible tel la toile ne peut être utilisé avec de la cire d'abeille puisque le médium n'aurait pas la flexibilité de suivre les mouvements inhérents à la toile. La surface peinte étant plus froide que la cire que l'on applique, les coups de pinceau figent instantanément, et ce dès l'application. Cette particularité oblige le peintre à développer une approche spécifique à l'encaustique, différente de celle utilisée avec tout autre médium, en raison de l'obligation de réchauffer subséquemment la surface peinte s'il désire ajuster le moindre coup de pinceau. La dernière étape afin de terminer un tableau consiste à passer une source de chaleur au-dessus de l'oeuvre afin de s'assurer que les différentes couches de cire fondent l'une dans l'autre et adhèrent bien au support. La surface peut ensuite être polie à l'aide d'un linge délicat afin d'augmenter la brillance du fini. Cette méthode décrit la façon classique de procéder, mais il existe aujourd'hui d'innombrables techniques ainsi que plusieurs différentes cires utilisées telles la microcrystaline.

Depuis les 50 dernières années, l'encaustique a beaucoup gagné en popularité en tant qu'alternative à la peinture à l'huile et à l'acrylique. Ce qui attire particulièrement les peintres, indépendemment du style qu'ils pratiquent, est la spontanéité et la versatilité que leur permet ce médium. La cire refroidit entièrement en quelques minutes seulement, ce qui permet de superposer différentes couches sans qu'il n'y ait de laborieux temps d'attente. Une fois la surface peinte refroidie, le tableau a déjà atteint sont fini permanent. Toutefois il est possible de le retravailler sans tenir compte du laps de temps écoulé, qu'il s'agisse de quelques minutes ou de quelques années. L'encaustique possède des qualités visuelles d'une grande richesse et d'une grande sensualité tout en étant le médium pictural le plus durable, la cire étant imperméable à toute forme d'humidité. En traversant le temps, le tableau à l'encaustique gardera toute la fraîcheur de l'oeuvre qui vient à peine d'être achevée.
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Longévité de l'encaustique
L'encaustique est sans doute le médium pictural le plus durable que l'on connaisse, ce dont font foi les portraits de Fayum, qui ont survécu plus de 2000 ans sans craquer, sans s'écailler ni perdre leur éclat. La durabilité de l'encaustique lui est attribuable à la cire d'abeille dont elle est principalement composée. Cette cire posséde d'innombrables qualités qui lui permettent de traverser l'épreuve du temps dont: l'imperméhabilité totale, la résistance aux moissisures et aux bactéries ainsi que d'être parfaitement indigeste pour les insectes. Les tableaux d'Alexandre Masino ne contiennent ni d'huile de lin, qui pourrait jaunir en vieillissant, ni d'huile de pavot qui pourrait faire craquer la surface.
Entretient et accrochage
Les tableaux à l'encaustique ne sont pas vernis. Le liant de cire les protège des plus efficacement contre l'humidité et les impuretés atmosphériques. Les tableaux à l'encaustique ne devraient cependant pas être exposés à des températures extrêmes puisque le gel intense peut les faire craquer et qu'une chaleur excessive ramollira la surface peinte, la rendant perméable aux poussières. Cette contrainte ne pose habituellement aucun problème, sauf dans certaines conditions extrêmes lors d'un transport non adéquat. Le grand avantage cependant est que la plupart des problèmes inhérents à la conservation des tableaux à l'huile et des détrempes ( tempera, fresco, secco ) tels le jaunissement, la fragilisation de la surface, le craquellement et l'écaillement dûs à l'oxydation des huiles ne se rencontrent pas avec l'encaustique. Cette particuliarité implique que s'ils sont protégés d'un usage abusif, les tableaux à l'encaustique demeureront inchangés, et ce pour des siècles.
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Historique de l'encaustique
Extraits, traduits de l'anglais, provenant du livre “The Artist's Handbook of materials and techniques ” de Ralph Mayer, publiés aux Éditions Viking, Penguin Books USA, New York, 1991 (pour la cinqième édition).
La peinture à l'encaustique était pratiquée par les artistes grecs dès le 5ème siècle av. J.-C. La majeure partie de notre connaissance sur le sujet nous vient de l'historien romain Pline l'ancien, qui vécut au 1er sicècle av. J.-C. Malheureusement, Pline semble avoir eu une connaissance bien précaire des techniques pratiquées dans les ateliers des peintres, ce qui limite ses descriptions des méthodes et des matériaux utilisés. Selon lui, toutefois, l'encaustique était employée à diverses fins: la peinture de portraits et de scènes mythologiques sur panneaux, la coloration de marbre et de terracotta ainsi que le travail de l'ivoire (propablement la coloration de motifs gravés).
La cire est un excellent agent de préservation. C'est à partir de cette utilité que la peinture à l'encaustique fut développée. Au départ, les Grecs appliquaient des couches de cire et de résine aux coques de leurs navires afin de les rendre étenches. Par la suite, la coloration de la cire entraîna la décoration des bateaux de guerre dont il est même mention dans les textes d'Homère qui décrivent les bateaux peints se dirigeant vers Troie. L'utilisation rudimentaire de l'encaustique était donc déjà pratiquée avant le 5ème siècle av. J.-C. Il est probable qu'aux alentours de cette époque, l'application gauche, faite à l'aide de larges pinceaux, de cire sur les bateaux de guerre se raffine et se transforme en l'art de la peinture sur panneaux. Pline mentionne même deux artistes qui débutèrent leur carrière en tant que peintres navals.
Les tableaux à l'encaustique les plus connus sont sans doute les portraits funéraires de Fayum, peints au premier et au deuxième siècle de notre ère par des peintres grecs établis en Égypte. Un contingent important de Grecs s'établirent en Égypte suite à la conquête d'Alexandre le Grand, et ils adoptèrent éventuellement un certain nombre de coutumes égyptiennes dont la momification des morts. Un portrait du défunt, peint soit de son vivant soit de façon post-mortem, était toutefois placé sur la momie de façon commémorative. Un nombre important de ces portraits ont survécu jusqu'à nos jours et il est facile de constater que leurs couleurs sont aussi vives que n'importe quelle oeuvre récemment achevée.
Durant la grande période d'instabilité économique qui suivit le déclin de l'Empire romain, la peinture à l'encaustique perdit tout essor. Quelques rares oeuvres, dont certaines icônes, furent réalisées à l'encaustique jusqu'au 12e siècle, mais en grande partie, cette pratique devint une forme d'art oubliée. La détrempe ( tempera ), qui est moins dispendieuse, plus rapide et plus facile à travailler, prit le dessus. Au 18ème siècle, l'idée de la peinture à l'encaustique fut ravivée comme curiosité par des amateurs qui désiraient étudier les méthodes anciennes. Au 19e siècle l'idée fut reprise, principalement pour résoudre le problème de l'humidité auquel faisaient face les peintres muralistes des pays nordiques. Le succès de ces tentatives fut limité et la peinture à l'encaustique demeura une forme d'art obscur.
Au 20e siècle, la disponibilité d'éléments électriques chauffants et portables, ainsi qu'une très grande variété de nouveaux outils transformèrent la nature de l'encaustique en une technique beaucoup plus facilement pratiquable. Ce facteur a créé une résurgence de la peinture à l'encaustique, qui reprend dorénavant sa place parmi les matériaux importants qui s'offrent aux artistes. “Ses effets, ses propriétés visuelles et physiques, ainsi que son spectre de possibilités tant au niveau des textures que des couleurs rendent l'encaustique éminemment appropriée pour différents styles de peinture contemporaine qui ne seraient sans doute pas aussi bien servis par la peinture traditionnelle à l'huile.”
Références techniques
Pour plus d'informations techniques sur l'encaustique, Alexandre Masino recommande fortement de se référer au livre de Joanne Mattera “The Art of Encaustic Painting, Contemporary Expression in the Ancient Medium of Pigmented Wax”, Watson-Goupil Publications, 2001, que vous pouvez facilement vous procurer dans différents magasins de matériel d'artistes et sur le site www.amazon.com . Pour toute autre information, veuillez consulter le site de Joanne Mattera au : www.joannemattera.com .

Le livre de Ralph Mayer “The Artist's Handbook of materials and techniques ”, publiés aux Éditions Viking, Penguin Books USA, est également une source précieuse d'informations tant sur l'encaustique que sur toutes les techniques picturales.

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